Artiest Brel

Songtitle Les Vieux

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Songtekst

Jacques Brel - Les vieux
12 jaar geleden toegevoegd door onbekend

Les vieux ne parlent plus,
ou alors seulement
parfois du bout des yeux,
même riches ils sont pauvres,
ils n’ont plus d’illusions
et n’ont qu’un coeur pour deux.
Chez eux ça sent le thym, le propre
la lavande et le verbe d’antan
que l’on vive à Paris
l’on vit tous en province
quand on vit trop longtemps

Est-ce d’avoir trop ri
que leur voix se lézarde
quand ils parlent d’hier,
et d’avoir trop pleuré
que des larmes encore
leurs perlent aux paupières?
Et s’ils tremblent un peu
est-ce de voir vieillir
la pendule d’argent
qui ronronne au salon,
qui dit oui, qui dit non, qui dit:
“Je vous attends!”

Les vieux ne rêvent plus
leurs livres s’ensommeillent
leurs pianos sont fermés
le petit chat est mort
le muscat du dimanche
ne les fait plus chanter.
Les vieux ne bougent plus
leurs gestes ont trop de rides
leur monde est trop petit
du lit à la fenêtre
puis du lit au fauteuil, et puis
du lit au lit.
Et s’ils sortent encore
bras-dessus, bras-dessous,
tout habillés de raide,
c’est pour suivre au soleil
l’enterrement d’un plus vieux,
l’enterrement d’une plus laide,
et le temps d’un sanglot
oublier toute une heure
la pendule d’argent
qui ronronne au salon,
qui dit oui, qui dit non, et puis
qui les attend.

Les vieux ne meurent pas
ils s’endorment un jour
et dorment trop longtemps.
Ils se tiennent la main
ils ont peur de se perdre
et se perdent pourtant.
Et l’autre reste là,
le meilleur ou le pire,
le doux ou le sévère,
cela n’importe pas,
celui des deux qui reste
se retrouve en enfer.
Vous le verrez peut-être,
vous la verrez parfois
en pluie et en chagrin,
traverser le présent
en s’excusant déjà
de n’être pas plus loin.
Et fuir devant vous
une dernière fois
la pendule d’argent
qui ronronne au salon,
qui dit oui, qui dit non, qui leur dit:
“Je t’attends!”

qui ronronne au salon,
qui dit oui, qui dit non, et puis,
qui nous attend.

Vertaling

Jacques Brel - Les vieux
12 jaar geleden toegevoegd door onbekend

Les vieux ne parlent plus,
ou alors seulement
parfois du bout des yeux,
même riches ils sont pauvres,
ils n’ont plus d’illusions
et n’ont qu’un coeur pour deux.
Chez eux ça sent le thym, le propre
la lavande et le verbe d’antan
que l’on vive à Paris
l’on vit tous en province
quand on vit trop longtemps

Est-ce d’avoir trop ri
que leur voix se lézarde
quand ils parlent d’hier,
et d’avoir trop pleuré
que des larmes encore
leurs perlent aux paupières?
Et s’ils tremblent un peu
est-ce de voir vieillir
la pendule d’argent
qui ronronne au salon,
qui dit oui, qui dit non, qui dit:
“Je vous attends!”

Les vieux ne rêvent plus
leurs livres s’ensommeillent
leurs pianos sont fermés
le petit chat est mort
le muscat du dimanche
ne les fait plus chanter.
Les vieux ne bougent plus
leurs gestes ont trop de rides
leur monde est trop petit
du lit à la fenêtre
puis du lit au fauteuil, et puis
du lit au lit.
Et s’ils sortent encore
bras-dessus, bras-dessous,
tout habillés de raide,
c’est pour suivre au soleil
l’enterrement d’un plus vieux,
l’enterrement d’une plus laide,
et le temps d’un sanglot
oublier toute une heure
la pendule d’argent
qui ronronne au salon,
qui dit oui, qui dit non, et puis
qui les attend.

Les vieux ne meurent pas
ils s’endorment un jour
et dorment trop longtemps.
Ils se tiennent la main
ils ont peur de se perdre
et se perdent pourtant.
Et l’autre reste là,
le meilleur ou le pire,
le doux ou le sévère,
cela n’importe pas,
celui des deux qui reste
se retrouve en enfer.
Vous le verrez peut-être,
vous la verrez parfois
en pluie et en chagrin,
traverser le présent
en s’excusant déjà
de n’être pas plus loin.
Et fuir devant vous
une dernière fois
la pendule d’argent
qui ronronne au salon,
qui dit oui, qui dit non, qui leur dit:
“Je t’attends!”

qui ronronne au salon,
qui dit oui, qui dit non, et puis,
qui nous attend.